Conseil scientifique : on pourrait voter mais campagne interdite !

Après la publication hier soir de l’avis du Conseil scientifique sur l’éventuelle tenue d’un second tour en juin (lire l’avis ici), on commence à voir fleurir des communications politiques arguant qu’il ne s’oppose pas à un scrutin en juin, et on entendra même bientôt, comme pour le premier tour, comme pour l’installation des conseils municipaux qu’il “donne son feu vert”. Mais dans la réalité, le conseil scientifique n’a JAMAIS donné aucun “feu vert” ni aucune interdiction… il se contente toujours d’indiquer comment les choses pourraient se passer s’il y avait une décision politique d’organiser un scrutin ou telle ou telle réunion.

Dans son avis du 18 mai, il montre d’ailleurs à mots couverts à de nombreux endroits sa réticence et les dissensions en son sein sur l’organisation de ce scrutin, en indiquant par exemple la position de Jean-Laurent Casanova “il est nécessaire de reporter les deux tours au mois de septembre. En considération de la situation épidémiologique, il serait dommageable de relancer l’épidémie, même à moindre échelle, en juin”.

Dans sa longue introduction destinée à bien marquer qu’il ne peut être tenu pour responsable de la décision qui sera prise, il revient d’ailleurs sur le scrutin du 15 mars en mettant en exergue (en gras dans l’avis), sa position publiée la veille du scrutin : «si les pouvoirs publics décidaient de maintenir le premier tour des élections, elles devraient être organisées dans des conditions d’hygiène renforcées ».

Là où l’avis du conseil scientifique devient “amusant”, c’est quand il vient à parler des mesures qui devraient être prises durant la campagne électorale qui précède le scrutin.

Il faudra bannir (interdire ?) “distribution de tracts, porte à porte, réunions publiques, réunions d’appartement” pour n’autoriser que “d’autres modalités de campagne, certes limitées mais égales pour tous les candidats, peuvent être envisagées, notamment à travers l’usage du numérique”. Et dans tous les cas, il recommande “le port du masque et d’une visière pour toutes les personnes participant à des opérations de campagne”.

Voila qui nous promet un second tour où tous pourront s’exprimer, en campagne ou dans les urnes.

Il est de plus en plus urgent que le Conseil constitutionnel se penche sur la validité des mesures prises par nos politiques depuis “l’entrée en guerre” annoncée le 12 mars par le Président de la République.

4 commentaires sur “Conseil scientifique : on pourrait voter mais campagne interdite !”

  1. Il existe une solution très simple afin de mettre fin à cet imbroglio, c’est tout simplement d’annuler les résultats du premier tour et de reporter l’élection municipale à mars 2021. Cela permettrait de pouvoir voter les budgets, de relancer l’investissement public puisque les exécutifs seraient de nouveau opérationnels, et de rendre à l’élection municipale le rang qui est le sien dans la vie démocratique du pays. Le Président de la République a dit lui même qu’il était le garant de la continuité démocratique lorsqu’il a voté le 15 mars. Qu’il le prouve en prenant cette solution simple opérationnellement, mais pas politiquement c’est certain, les oppositions ne voyant pas d’un bon oeil un report qui pourrait faire que l’élection se passe dans un contexte plus favorable aux soutiens d’Emmanuel Macron. Finissons en avec les bricolages et combines actuelles.

    1. GAULIAS Serge-Philippe

      Une parodie d’élection ! Comment peut on admettre qu’une élection est valable avec un taux de participation de 30%. C’est un déni de démocratie. Le deuxième tour du 28 juin sera pire que le 1er tour. Personne ne se rendra aux urnes. Le gouvernement veut se débarrasser des municipales.

  2. C est une abération et antidémocratique d’élire des Maires avec 30 à 35% de votants et inacceptable de ne pas permettre de faire campagne en provoquant des réunions… Toutes les conditions ne sont pas remplies pour permettre aux électeurs d’analyser les candidatures.
    Est-ce que les parents qui n’ont pas autorisé la reprise scolaire de leurs enfants se déplaceront pour voter? Peu probable.
    Trouverons nous des assesseurs qui prendront le risque de s’exposer au covid19 ?
    Et que deviendront les listes qui auront perdu un de leur membre suite au covid19 ?
    Si au 2ème tour, il n y a pas plus de 60% de votants, les élections devraient être caduque et reportées en mars 2021.
    Que cherche M. Macron ? Le 1er tour n’aurait pas servi d’exemple !!!

  3. ESCAFIT Joan-Loís

    La LOI n° 2020-546 du 11 mai 2020 prorogeant l’état d’urgence sanitaire et complétant ses dispositions maintient cet état jusqu au 10 juillet; durant cette période, selon l’Art. L. 3131-15. du Code de la Santé Publique – « Dans les circonscriptions territoriales où l’état d’urgence sanitaire est déclaré, le Premier ministre peut, par décret réglementaire pris sur le rapport du ministre chargé de la santé, aux seules fins de garantir la santé publique :
    « 1° Restreindre ou interdire la circulation des personnes et des véhicules dans les lieux et aux heures fixés par décret ;
    « 2° Interdire aux personnes de sortir de leur domicile, sous réserve des déplacements strictementindispensables aux besoins familiaux ou de santé ;
    « 3° Ordonner des mesures ayant pour objet la mise en quarantaine, au sens de l’article 1er du règlement sanitaire international de 2005, des personnes susceptibles d’être affectées ;
    « 4° Ordonner des mesures de placement et de maintien en isolement, au sens du même article 1er, à leur domicile ou tout autre lieu d’hébergement adapté, des personnes affectées ;
    « 5° Ordonner la fermeture provisoire d’une ou plusieurs catégories d’établissements recevant du public ainsi que des lieux de réunion, à l’exception des établissements fournissant des biens ou des services de première nécessité ;
    « 6° Limiter ou interdire les rassemblements sur la voie publique ainsi que les réunions de toute nature ; » etc.
    Lorsque l’urgence le justifie et qu’il est fait état d’un moyen propre à créer, en l’état de
    l’instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ou en cas d atteinte grave à une liberté fondamentale, le seul recours ouvert est celui au juge des référés selon les art. L521-1 et L521-2 du Code de Justice Administrative.
    Organiser un second tour d élections municipales dans une période où le premier ministree dispose (cette fois explicitement par les lois du 23 mars et du 11 mai) de pouvoirs exceptionnels alors que le premier ministre en fonction a déjà le 14 ‘mars à 19h45 montré sa capacité à biaiser le premier tour des municipales en annonçant sans préavis, au nom de l action contre le Covid-19, une fermeture à minuit de lieux publics type cafés et restaurants pour inciter chacun à rester chez soi, annonce en injonction contradictoire avec l appel à pratiquer son devoir civique en participant au 1er tour des municipale: cette annonce a éé déterminante sur la déciion de 32 % des abstentonnistes s aoutant aux 25 % qui l avaient prise après avoir entendu le président de la République le 12 mars à 20 heures. Ces pourcentages ressortent du sondage réalisé les 16 et 17 mars pour une étude CEVIPOFE publié le 18/03: ils démontrent le poids du comportement de l exécutif dans l énorme vague d abstentions (qui a globalement moins affecté les communes de moins de 1000 habitants où le scrutin plurinominal donne une plus grande efficacité à chaque voix sur des candidat-e-s de proximité figurant sur des listes non bloquées, le ressenti de non utilité du vote ayant été loiin derrière la crainte de contamination le deuxième motif d abstention)…
    Bref, l association 50 millions d électeurs peut préparer dès à présent le recours avec nouvelle QPC sur l’art. 19 de la loi du 23 mars (qui a sanctuarisé les résultats biaisés du 15 mars) contre le décret du 28 mai qui officialisera la date du 28 juin sous réserve de l avis cu comité scientifique… Merci aux animateurs de l Asso de rester fermes et cohérents sur la nécessité de reprendre les 2 tours de ces élections municipales pour garantir un scrutin plus représentatif et plus sincère afin de donner une pleine légitimité démocratique aux élus du suffrage universel de première proximité.

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